REPORTAGE DESSINÉ DES GOLDEN BLOG AWARDS

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Pour la 5e édition des Golden Blog Awards, nos étudiants se sont glissés parmi les quelques 3 000 invités de l’événement pour un reportage dessiné exclusif de la cérémonie de remise des prix ! Ils ont arpenté la magnifique salle de bal de l’Hôtel de ville pour «croquer» tout ce qui bougeait et raconter cette soirée en images.

Paillettes, blogueuses narcissiques, avalanches de selfies et de champagne…

Voici un compte-rendu atypique de l’une des soirées la plus médiatisée de la blogosphère par des étudiants du CESAN.

A la plume, Antonin Serraut. Au dessin Chad, Marine, Léonce, Lounis, Ophélie, Caroline, Qianling, Yun, Margaux, Yoon-Seong, Célia, Emma, Sarah. 

Bonne lecture !

 

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"Quand j’ai demandé au directeur de mon école (la célèbre école de bande dessinée CESAN) si je pouvais avoir ma part de paillettes à la soirée des Golden Blog Awards, il a vite flairé mon air de pilleur de buffet.

J’ai dû entamer les négociations en rappelant que j’avais déjà fait un reportage dessiné avec l’illustratrice Daria Gatti (ancienne étudiante du CESAN) il y a deux ans pour le “Burlesque festival”. C’était gagné, j’avais mon ticket.

La seule condition était de remplir mon carnet entre deux verres de champagnes. Et cette-fois ci, je ne serais pas accompagné d’un croqueur-reporter, mais de dix !

 

01e17h, à peine arrivé avec une poignée de Cesaneux, j’apprends qu’on n’est pas sur la liste. On arrive quand même à négocier notre entrée vu que les vigiles sont apparemment au courant de notre existence. Ils sont même tellement compréhensifs que c’en est étonnant !

Enfin parvenus à la grande salle l’Hôtel de ville, on contacte quand même E.L, une responsable des GBA qui doit nous donner nos badges, et qui apparemment nous attend en bas, pendant que nous, on l’attend en haut, et le temps qu’on envoie quelqu’un en bas, elle était déjà remontée. Et évidemment, plus aucun de nous n’a de batterie pour la joindre au téléphone…

Le temps de la partie de cache-cache, on attend sur des fauteuils Louis-je-sais-pasquoi en velours rouge et on mate le plafond, qui doit avoisiner les 1 kilomètre de haut avec 10 kilos de dorure au mètre carré. Le contraste est assez frappant entre la déco du bâtiment style rococo et le thème de la soirée, plutôt high-tech.

Au bout de dix minutes une assistante de la fameuse E.L vient quand même nous montrer le lieu où on va pouvoir exposer les planches de BD de l’école : entre le stand Peugeot et BNP – je crois qu’on pouvait pas rêver mieux. On voit des regards intrigués se tourner vers les chevalets qui se mettent en place. D’ailleurs on passe tellement pour des ovnis qu’au bout de cinq minutes, pompiers et organisateurs rappliquent pour nous demander : «Qu’est-ce que vous foutez-là ?»

15On apprend de la bouche d’un organisateur que le lieu de l’exposition a été changé au dernier moment, et qu’on a finalement droit à deux fois plus d’espace que prévu – ce qui cloue définitivement le bec à ceux qui nous prenaient pour des rigolos. Ces petits problèmes d’organisation mis à part, ça reste symptômatique de l’effet que provoque encore la BD. Pendant l’exposition, on a vu des invités qui essayaient de lire les planches à deux mètres de distance : on sait jamais, des fois que le truc explose ! ou encore un autre qui prenait en photos les dessins, sans peut-être trop savoir qu’une planche ça se «lit» en plus de devoir se «regarder». La bande dessinée, en France, reste encore un objet pas-tout-à-fait-identifié.

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Vers 19h30 la soirée commence vraiment : on voit des hordes de blogueurs se selfiser, le sourire plein de paillettes, quand ils ne sont pas en train de prendre des photos-smartphone à tout va. Du coup, on décide avec Marine que le premier verre de la soirée s’impose, pour tenir le coup.

Je vais pas me mettre à cracher dans le champagne, mais les GBA c’est quand même LA soirée branchée de l’année, et assez vite, on sait plus trop si on est à un défilé de mode ou une soirée blogging.

 

Entre-temps, ça commence sérieusement à s’activer du côté de l’expo CESAN. On peut le dire, ça fait plaisir de voir les stands Peugeot et BNP quasi vides tandis qu’une petite foule régulière s’agglutine devant nos planches.

Comme on avait oublié le Kakémono et qu’on n’avait aucun logo pour identifier l’expo, deux étudiants, Léonce et Chad, ont fait un aller-retour héroïque jusqu’à l’école et sont revenus planter fièrement la bannière du CESAN sous les hauts plafonds dorés.

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Ca fait vraiment plaisir de voir une école qui dépasse largement les ambitions techniques en portant certaines valeurs qui créent une vie et une entente réelle entre les étudiants. Sans partir dans un délire de bisounours, je pense que ça reste assez rare de voir une école d’art quasiment dénuée de compétition entre les élèves. Et puis, c’est jamais désagréable de boire en bonne compagnie !

D’ailleurs je perds tellement de temps avec les autres à m’infiltrer dans le carré VIP pour bénéficier du service express champagne (jusqu’au moment dramatique où tout le charme de ma gruge s’envole, quand j’apprends qu’on y a de toute façon accès en tant que Partenaire…) que j’en oublie la cérémonie de remise des prix.

 

Heureusement, Mikhaël, le directeur du CESAN, rattrape le coup en nous faisant rentrer dans la salle d’interview des gagnants. Marine et Emma croquent à la vitesse de la lumière pendant que je continue à prendre des notes illisibles sur le spectacle déroutant qui se déroule sous nos yeux.

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L’équipe vidéo fait défiler les lauréats à la chaîne pendant que la présentatrice rappelle qu’il faut «rentrer un peu le ventre pour les photos après avoir abusé des petits fours» et enchaîne, sourire crispé aux lèvres, avec des questions enfonce-portes-ouvertes dans sa robe à diamants en plastique. Bon sang ? On a envie que les blogueurs se rebellent… mais non, rien. Tout doit être d’un faux irréprochable, la téloche impose une propreté quasi-inhumaine. 
Mais le temps de jouer au moraliste chiant, une caméra se tourne vers nous pour faire quelques plans des dessins, et d’un coup je fais moins le malin. La pression de l’objectif équivaut à un direct dans l’estomac de l’amour propre.
 

En sortant j’en profite pour interviewer le grand gagnant de la soirée : Steeve Bourdieu, qui a raflé le prix catégorie Art et Culture et celui du Meilleur blog.

Et faut le dire en tout sincérité, c’était pas le même manège que devant les caméras. Le monsieur semble d’un coup beaucoup plus sympathique et sincère dans ses réponses. Se revendiquer de Pierre Bourdieu c’est pas rien, et son humilité lui donne au moins de la légitimité. Alors merde, félicitations à lui parce que c’était pas le cas de tout le monde à la soirée.

 

03Puis on à fini par se casser, parce que le dernier métro n’allait pas tarder à partir, et que mon crâne était bord de l’explosion après 58 flûtes de champagnes, non sans dire aurevoir au héros de la soirée qui s’est barré avec un chauffage portable de la mairie sous le bras (oui, un chauffage !). Et ne faisons pas semblant d’être allergiques aux paillettes, on n’a pas eu le temps de s’ennuyer et ça n’a pas empêché des rencontres toutes plus inattendues et intéressantes les unes que les autres (dont un Libanais qui m’a parlé du grand poète Khalil Gibran, rien que ça). Donc, merci aux Golden Blog Awards et sûrement à l’année prochaine !”

Antonin Serraut pour l’école CESAN